C'est un message courageux... Et c'est surtout une décision courageuse...!
Aucun conseil n'est nécessaire ni efficace, malheureusement... Le tabac est une guerre, une vraie guerre, dont l'issue est rarement victoire... Ca te fait une belle jambe que je dise ça... C'est pas trop encourageant.
Peu importe... Car le combat contre le tabac se fait entre le fumeur et sa clope. Toi seul peux trouver la force simple d'imposer à ton cerveau ce nouveau mode de vie. Toi seul peux faire en sorte que ta vie change par rapport au tabac...
Mon père fume. Depuis tout gamin, je le vois mener cette guerre contre la nicotine sans jamais s'en sortir, et comme un con, je me suis mis à fumer aussi.... Comme un con.
Je pense qu'il faut réussir à trouver le rapport de force entre soi et le tabac. Et surtout, ne pas prendre le problème à l'envers... Ne pas se dire : "Que vais-je faire sans cigarette? Comment me retrouver face à moi-même sans la fumée? Qu'est ce que je vais perdre dans la vie...?"
Il faut au contraire se prouver tous les jours qu'il n'y a que du bon dans la décision d'arrêter de fumer...
"J'ai mille autres choses à faire que de fumer... Je ne vais rien perdre dans la vie, au contraire, j'ai tout à y gagner..."
Prendre le problème à l'envers, c'est se dire qu'on est incapable de s'en passer, se dire qu'on sera perdu et désorienté sans notre clope...
C'est faux... Il faut te persuader sans détour que la vie sans cigarette est une délivrance, qu'on retrouve mille bonheurs de la vie quotidienne comme les odeurs, les fringues qui sentent bon, la liberté de respirer à plein poumons sans s'étouffer, la joie simple d'être maître de soi sans artifice...
Rien n'est facile, et tu vas peut-être en chier... D'ailleurs, tu en chies déjà... Mais ne remets jamais cette tentative à demain, et d'ailleurs, arrête d'appeler ça une tentative, c'est inutile et destructeur...
Le jour où tu décides de ne plus fumer, tu dois être non-fumeur en ton âme et conscience, et ne jamais tergiverser... Pas de faiblesse mais une force positive. Pas de tristesse par le manque mais la joie de ne plus avoir besoin... D'ailleurs, tu n'en as jamais eu besoin, tu fais du mal à ton corps et pervertis ton cerveau...
C'est une torture d'arrêter, mais c'est une triple tortue de continuer...
Ne penses plus à la peur d'arrêter, car c'est bien de cela dont il s'agit... On a peur d'arrêter car on ignore notre propre volonté et on craint la souffrance...
Tu ne dois pas penser à la souffrance que tu vas endurer sans clope, au contraire, il n'y a plus de souffrance, il n'y a que la liberté au bout du tunnel... Une vraie liberté de vivre et de respirer...
Regardes bien les gens autour de toi qui fument leur cigarette... Regardes bien leurs visages...
Ils ne supportent pas le tabac, la fumée leur piquent les yeux, ils font la grimace lorsqu'ils avalent leur bouffée car elle leur brûle le gosier, ils se dépêchent de la finir pour l'écraser car elle les écoeure.... Et pourtant, quelques minutes après l'avoir écrasée, ils ont déjà l'envie irrésistible d'en griller une autre, ils sont esclaves, drogués profondément, oppressés par un non sens qui les détruit...
Si l'envie est trop forte pour résister à en allumer une, prends quelques minutes avant de te jeter sur ton briquet...
Fermes les yeux et regardes toi fumer... Imagines la mort qui picote la bouche, puis qui descend le long de l'oesophage jusqu'aux poumons, imagines cette fumée qui se répand en toi comme un poison... Il faut que ton corps repousse physiquement cette substance mortelle, et que ton esprit se persuade qu'elle est mortelle.
Si tu as du mal à imaginer ce que veut dire "mortel", il faut trouver une autre image, mais un truc dont tu as conscience et que tu maîtrises... OK, c'est pas facile... Mais le temps de penser à tout ça, et tu as déjà gagné sur cette cigarette... Et l'envie pressante de fumer ne dure que quelques minutes, donc il faut vite faire autre chose, s'occuper pour se rendre compte qu'il y a bien mieux à faire que d'allumer cette foutue clope...
C'est bête de vouloir donner des conseils, car ils sont forcément superflus... Mais lorsque je regarde mon père qui mène cette guerre depuis plus de 20 ans, j'ai parfois envie de pleurer... J'aimerais trouver ce remède miracle qui le libèrerait de cette pourriture qui ronge sa vie comme la pluie attaque le rocher...
Mais je ne suis pas triste pour toi, je n'ai pas pitié... Au contraire, j'admire, je suis content que tu aies enfin décidé, non pas de faire machine arrière, mais au contraire, d'avancer vers une lumière certaine...
Le tunnel est de longueur très variable selon les individus, et si tu nages plus vite que ce démon, tu le largueras dans les eaux troubles de l'oubli... Tu le regarderas de haut en ricannant, tu seras un autre...
N'oublies pas qu'il n'y a rien à perdre à s'arrêter de cloper, il y a au contraire tout à y gagner...!
C'est une des plus grandes victoires qu'on peut avoir sur soi-même.
Ce n'est pas de courage dont tu as besoin, c'est simplement d'avoir les yeux ouverts sur ce qui est bon pour toi...